Bibliothèque et Archives du Château de Chantilly

Les reliures aux armes des seigneurs de Chantilly (XVIe-XIXe siècle)

Exposition présentée dans le Cabinet des livres en 2000
Notices par Emmanuelle Toulet

Sommaire

Introduction

Du XIIe au XIXe siècle, les armoiries ont pris place sur toutes sortes d’objets, de monuments et de documents. Le droit aux armoiries n’est pas limité à la seule noblesse et près de la moitié des armoiries recensées pour l’Ancien Régime sont attachées à des non-nobles.

Au Moyen Age, l’héraldique est très présente à l’intérieur des livres manuscrits, soit sous la forme d’écus armoriés peints en pleine page, soit dans les marges des feuillets, soit enfin dans les initiales ornées et les décors. Mais elle ne se manifeste presque pas sur les couvrures des livres.

Les premières reliures armoriées, estampées à froid, apparaissent au XIVe siècle, et il faut attendre la seconde moitié du XVe siècle pour rencontrer, d’abord en Italie, des reliures armoriées à décor doré. Les reliures aux armes sont alors l’apanage des souverains et des princes, puis se généralisent dans toutes les catégories de possesseurs de livres. En France, les premières reliures aux armes de particuliers illustres sont celles du connétable Anne de Montmorency et du cardinal de Lorraine. Cette vogue, particulièrement répandue en France, ne se démentira pas durant tout l’Ancien Régime, gagnant également les communautés religieuses et civiles. Les armes pourront alors remplacer, comme signe de propriété, l’ex-libris manuscrit ou gravé.

La Révolution française fera disparaître des livres un grand nombre d’emblèmes héraldiques, et la mode des reliures aux armes déclinera au milieu du XIXe siècle, laissant le champ libre à la vogue de l’ex-libris, souvent allégorique.
Le duc d’Aumale, qui fait apposer ses armes avec constance par ses relieurs, est en cela un collectionneur du XIXe siècle atypique, mais un fidèle héritier des seigneurs de Chantilly sous l’Ancien Régime.

L’écu armorié peut être associé à des éléments héraldiques extérieurs : collier d’ordre de chevalerie (sont représentés dans l’exposition des colliers de l’Ordre de Saint Michel et de l’Ordre du Saint-Esprit), insigne de fonction (comme l’épée du connétable), cordelière de veuve, etc., auxquels s’ajoutent des éléments décoratifs non signifiants. Les reliures armoriées des femmes bibliophiles mariées accolent les armes de leur mari à leurs armes propres, tandis que les femmes non mariées adoptent le plus souvent des écus en losange.

D’autres marques de possession sont utilisées : initiales, chiffres, monogrammes, devises et emblèmes. L’emblème ne peut s’identifier, contrairement à l’armoirie, à l’identité du possesseur, mais la figure utilisée se réfère à sa personnalité et à ses aspirations.

XVIe siècle : Anne de Montmorency

1. Anne de Montmorency (né à Chantilly, 1493 – 1567)

Fils du baron Guillaume de Montmorency, il entre en possession de Chantilly en 1522.

Protecteur des lettres et des arts, il est le créateur de la bibliothèque  du château.

Il est un des premiers princes à apposer sur ses reliures des marques d’appartenance : armes, nom ou titre, épée de connétable, initiale associée à celle de son épouse Madeleine de Savoie (A M), ou sa devise : APLANOS (droit devant en grec).

Le château de Chantilly échoit ensuite à son fils François (1530-1579), puis en 1579 au frère cadet de celui-ci, Henri Ier (1534-1614), pour lesquels on ne connaît pas de reliures aux armes.

Armes : D’or à la croix de gueules, cantonnée de seize alérions d’or.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. n° 805.

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Reliure française du XVIe siècle en veau fauve à décor d’entrelacs peints en blanc, de filets courbes et de fers azurés. Elle présente sur le plat supérieur les armes d’Anne de Montmorency tandis que le plat inférieur laisse apparaître l’épée de connétable rangée dans son fourreau d’azur fleurdelisé. « La devise APLANOS se lit sur la ceinture » (cat. du duc d’Aumale) (XXII-BIS-E-003)

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Reliures de veau brun à compartiments dorés portant le nom et la devise du connétable. (ms. 835, 836, 837)

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Reliure de veau brun portant le nom d’Anne de Montmorency et la devise « au ciel vole ». (ms. 528)

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Deux reliures portant la devise du connétable « Aplanos ». (ms. 763, 315)

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Reliure française du XVIe siècle en maroquin noir attribuée à Gomar Estienne à décor de filets courbes et de fers azurés et aux tranches dorées et ciselées. Elle porte les initiales A et M (Anne de Montmorency et Madeleine de Savoie). (VIII-C-003-BIS)

XVIIe siècle : les Montmorency

2. Henri II de Montmorency (né à Chantilly, 1595 – 1632)

Fils de Henri Ier de Montmorency (1534-1614) et de sa seconde épouse Louise de Budos (1575-1598).

Vers 1615, il est le protecteur du poète Théophile de Viau, qui se réfugie à plusieurs reprises à Chantilly.

Aux côtés de Gaston d’Orléans, il prend part à la révolte contre le cardinal de Richelieu et est exécuté à Toulouse en 1632.

Les reliures aux armes d’Henri II sont des plus rares (une seule connue).

Chiffre : lettre H fleuronnée, surmontée d’une couronne à fleurs de lis et à feuilles d’acanthe alternées.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. n° 806.

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Reliure à décor de semé d’initiales et d’alérions. (4-CL-013)

Sur : S. du Cros, Histoire de la vie de Henri, dernier duc de Montmorency, 1643. Cette reliure est donc posthume et les marques font référence non au possesseur du volume, mais au personnage célébré par l’ouvrage.

3. Marie-Felice des Ursins (Orsini) (née à Rome, 1600 – 1666)

Italienne, fille du duc de Bracciano, elle épouse en 1612 Henri II, duc de Montmorency. Elle est la première des Montmorency à posséder un fer de reliure à ses armes.

Elle est célébrée sous le nom de Sylvie par les poètes Théophile de Viau et Mairet.

Après la mort de son mari, elle se retire au couvent de la Visitation de Sainte-Marie à Moulins. Elle lègue ses livres à cette communauté, dont la bibliothèque sera dispersée ou détruite à la Révolution. Aussi les ouvrages à ses armes sont-ils très rares.

Armes : Parti : au I, armes des Montmorency ; au II, aux armes des Ursins.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 807.

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Reliure en vélin, sur un exemplaire de l’édition originale de Sylvie de Mairet (1629), avec un décor à semé d’emblèmes amoureux. La flamme signifie le sentiment amoureux, le double f la fidélité, les S fermés l’amour secret. (VII-B-005)

Cette emblématique très particulière permet d’attribuer la reliure à Marie-Felice des Ursins, très éprise de son époux.

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Deux reliures en maroquin à décor de semé d’alérions, de la rose d’or des Ursins et de son chiffre (MF), dont une avec les armes. (8-CL-039, VII-I-018)

4. Louis XIII (1601 – 1643)

Roi de France en 1610, il épouse Anne d’Autriche en 1615.

Les biens d’Henri II de Montmorency sont confisqués après son exécution en 1632, et le Roi, qui apprécie l’agrément du lieu, garde Chantilly jusqu’à sa mort.

De nombreux manuscrits des Montmorency disparaissent alors de la bibliothèque de Chantilly et se retrouveront dans la bibliothèque du Roi.

Armes : Deux écus accolés : I, de France ; II, de Navarre.
Chiffre : L couronné.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 2493.

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(4-CL-035)

5. Charlotte-Marguerite de Montmorency (1594 – 1650)

Fille d’Henri Ier de Montmorency, célèbre pour sa beauté et courtisée par Henri IV, elle épouse Henri II de Bourbon-Condé en 1609.

Après la mort de Louis XIII, la reine Anne d’Autriche lui restitue Chantilly en 1643.

La dynastie des Bourbon-Condés succède ainsi à celle des Montmorency et régnera sur Chantilly pendant près de deux siècles, jusque en 1830. La bibliothèque des Montmorency devient le noyau de celle des Bourbon-Condés.

Armes : Parti : au I, armes des Bourbon-Condé ; au II, armes des Montmorency.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 2623.

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Deux reliures aux armes et à semé de fleurs de lis. (IX-G-021, VIII-D-030)

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Reliure, d’une facture particulièrement fine, à décor de semé de monogrammes complexes, avec fermoirs d’or, également au monogramme (CM).

Sur : Le Temple de la gloire, manuscrit calligraphié par Nicolas Jarry (1646) et célébrant la victoire du Grand Condé, fils de Charlotte-Marguerite, à Nordlingen en 1645. (ms. 541)

XVIIe s., XIXe siècle : les Bourbon-Condés

6. Henri II de Bourbon-Condé (1588 – 1646)

Fils de Henri Ier de Bourbon et de Charlotte de la Trémoille, époux de Charlotte-Marguerite de Montmorency, il est le père du Grand Condé.

Armes : De France, au bâton péri en bande de gueules.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 2622.

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Deux reliures aux armes. (VIII-F-031, XXIV-G-034)

7. Louis II de Bourbon-Condé, le Grand Condé (1621 – 1686)

Fils d’Henri II de Bourbon-Condé et de Charlotte-Marguerite de Montmorency.

En raison de sa participation à la Fronde, ses biens, dont Chantilly, sont confisqués en 1654. Ils lui seront rendus en 1659, à la suite de son ralliement à Louis XIV.

Ecarté des affaires par le Roi, il se retire à Chantilly où il se consacre à l’embellissement de son domaine et s’entoure d’écrivains et d’artistes. Il enrichit encore la bibliothèque héritée des Montmorency.

Armes : De France, au bâton péri en bande de gueules.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 2624.

8. Henri-Jules de Bourbon-Condé (1643 – 1709)

Fils du Grand Condé, il se passionne pour Chantilly où il poursuit les aménagements entrepris par son père ainsi que l’enrichissement de la bibliothèque.

Armes : De France, au bâton péri en bande de gueules.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 2625.

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Reliure aux armes. (4-CL-011)

9. Anne de Bavière (1648-1723)

Fille d’Anne de Gonzague, princesse palatine, elle épouse le fils du Grand Condé en 1663.

Elle avait reçu en héritage le château d’Anet et donc la riche bibliothèque de Diane de Poitiers, qui sera vendue aux enchères peu après sa mort.

Armes : Parti, au I, de Bourbon ; au II, écartelé : aux 1 et 4, armes du Palatinat du Rhin, aux 2 et 3, armes de Bavière.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 2626, fer n° 3.

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Reliure aux armes. (XI-I-014)

10. Louise-Françoise de Bourbon (1673-1743)

Fille légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan, dite Mademoiselle de Nantes, elle épouse en 1685 Louis III de Bourbon-Condé, dont elle est veuve en 1710.

Elle possède au Palais-Bourbon à Paris une bibliothèque remarquable.

Armes : Parti, au I, de France, au bâton péri en bande de gueules ; au II, au bâton péri en barre de gueules.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. n° 2628.

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Reliure aux armes. (VI-B-042)

11. Marie-Anne de Bourbon, Mademoiselle de Clermont (1697 – 1741)

Fille de Louis III de Bourbon-Condé, elle fait de fréquents séjours à Chantilly, auprès de son frère Louis-Henri de Bourbon-Condé.

Jean-Marc Nattier y fait en 1729 son portrait, actuellement conservé au musée Condé.

Armes : De France, au bâton péri en bande de gueules.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 2539.

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Reliure aux armes. (IX-F-013)

12. Louis-Henri de Bourbon (1692 - 1740, mort à Chantilly)

Fils de Louis III (1668-1710) et de Louise-Françoise de Bourbon, il épouse en 1713 Marie-Anne de Bourbon-Conti (morte en 1720), puis en 1728 Caroline de Hesse-Rheinfels. Il fait partie du Conseil de régence puis devient Premier ministre de 1723 à 1726.

A partir de 1728, il entreprend des travaux importants à Chantilly et y organise des fêtes fastueuses.

Armes : De France, au bâton péri en bande de gueules.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 2632.

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Trois reliures aux armes. (VII-B-050, IX-B-035, VII-A-023)

13. Louis-Joseph de Bourbon-Condé (1736 – 1818)

Fils de Louis-Henri de Bourbon-Condé et de Caroline de Hesse-Rheinfels. Il épouse en 1753 Charlotte-Godefride de Rohan-Soubise, puis en 1798 Marie-Caroline de Brignoles, princesse de Monaco.

Il entre en possession de Chantilly en 1748, en poursuit l’embellissement, particulièrement dans le parc, où il construit le Jeu de paume, le château d’Enghien, le Hameau…

Il quitte Chantilly avec son fils et son petit-fils dès le 17 juillet 1789 et prend le chemin de l’émigration. Il reviendra à Chantilly en 1814 : le château avait subi, pendant la période révolutionnaire, de considérables dommages.

On connaît pour ses livres quatorze fers différents de ses armes. Vers 1770, il fait relier à nouveau, en y apposant ses armes, la majeure partie de la bibliothèque des Bourbon-Condé.

Armes : De France, au bâton péri en bande de gueules.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 2635.

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Cinq reliures aux armes, dont une reliure d’almanach (1792) à plaque ornementale dorée (Rahir, n° 184 k). (XIV-B-027, VI-B-009, VII-H-015, XXXI-D-002, XXIV-B-030)

14. Charlotte-Godefride de Rohan-Soubise (1737 – 1760)

Fille de Charles de Rohan, prince de Soubise, elle épouse Louis-Joseph de Bourbon-Condé dont elle a deux enfants et meurt à vingt-trois ans.

Armes : Deux écus accolés : au I, de France, au bâton péri en bande de gueules ; au II : huit quartiers, comprenant les armes d’Evreux, de Navarre, d’Aragon, etc.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 2636.

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Reliure aux armes. (XXIII-BIS-E-006)

15. Louis-Henri-Joseph de Bourbon-Condé (1756 – 1830)

Fils de Louis-Joseph et de Charlotte-Godefride de Rohan-Soubise, il épouse en 1770 Bathilde d’Orléans, sœur de Philippe, duc d’Orléans, dit Philippe-Egalité. Son fils, le duc d’Enghien, sera fusillé par ordre de Napoléon en 1804.

Prince émigré de 1789 à 1813, il entre en possession de Chantilly à la mort de son père, en 1818.

La bibliothèque des Bourbon-Condé, confisquée en 1792, est restituée en 1814-1815, mais privée de ses livres imprimés, qui ont été dispersés entre la Bibliothèque nationale et diverses bibliothèques de province. Mais Louis-Henri-Joseph récupère alors huit cents manuscrits.

Il meurt sans descendance en 1830, après avoir légué ses biens à son petit-neveu et filleul, Henri d’Orléans, duc d’Aumale, fils de Louis-Philippe.
Armes : De France, au bâton péri en bande de gueules.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 2637.

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Quatre reliures aux armes, dont une portent la mention Chantilly et une avec un ex-dono manuscrit incrusté dans le plat supérieur. (XXVIII-E-066, XXVIII-E-070, XXVIII-E-065, XXXV-E-018)

XIXe siècle : Henri d’Orléans

16. Henri d’Orléans, duc d’Aumale (1822 – 1897)

Cinquième fils de Louis-Philippe d’Orléans et de Marie-Amélie de Bourbon-Sicile, il hérite en 1830 le château de Chantilly que lui lègue son grand-oncle, le dernier Condé.

Grand bibliophile, il rassemble une collection exceptionnelle de livres rares, qui vient enrichir la bibliothèque des Bourbon-Condés.

Il fait relier une grande partie des livres qu’il acquiert, s’ils ne possèdent pas une reliure remarquable. Il est un des derniers grands collectionneurs de livres à faire apposer ses marques de possession sur un grand nombre de livres.

Il possède vingt-trois modèles d’armes et de chiffres (dont quinze seulement sont signalés dans Olivier, op. cit.).

Le musée Condé conserve également des fers et des plaques de reliure à ses armes.

Armes : De France, au lambel à trois pendants d’argent.
Chiffre : HO (Henri d’Orléans).
Devise : J’attendrai.

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 2588.

Dix reliures portant des armes et chiffres différents, avec décors historicistes (estampages à froid, entrelacs, filets courbes, semés, motifs filigranés).

17. Marie-Caroline de Bourbon-Sicile (1822 - 1869)

Fille du prince de Salerne et d’une archiduchesse d’Autriche, elle épouse en 1844 son cousin Henri d’Orléans, duc d’Aumale.

Chiffre : C A (Caroline, duchesse d’Aumale)

Réf. : E. Olivier, G. Hermal, R. de Roton, Manuel de l’amateur de reliures armoriées françaises, Paris, 1924-1938, pl. 2589, fer n° 3.