Le duc d’Aumale écrivain « un auteur qui est prince »
Exposition dans le Cabinet des livres en 2007 Notices par Emmanuelle Toulet
Sommaire
Introduction
Henri d’Orléans, duc d’Aumale (1822-1897), prince de lignée royale et fils du Roi des Français, fut militaire, homme politique, collectionneur d’œuvres d’art et de livres, bâtisseur, mais aussi, on le sait moins, écrivain.
En effet, il publia avec régularité pendant plus d’un demi-siècle, de 1843 à 1897. Son œuvre fut à la fois tournée vers le passé à travers des ouvrages historiques d’une grande érudition et ancrée dans l’actualité de son temps comme en témoignent ses textes à caractère politique, souvent très critiques.
Durant son exil politique, de 1848 à 1871, date de son retour en France, il fut contraint de publier plusieurs de ses ouvrages de manière anonyme ou sous des noms d’emprunt. Certains de ses livres, victimes de la censure du Second Empire, furent interdits et firent l’objet de longues procédures judiciaires.
Toutes les œuvres du duc d’Aumale eurent à cette époque un grand retentissement, en raison de la rigueur de ses recherches ou de la hauteur de ses jugements ; grâce, encore, à la célébrité et à la personnalité forte, courageuse et modeste de leur auteur, mais aussi pour la qualité de son style, clair et percutant et l’art rhétorique dont elles sont la transposition.
Cependant, ses écrits se prêtent à une autre lecture où la trame d’une autobiographie dissimulée se dessine, permettant ainsi de mieux appréhender la personnalité intime et complexe du duc d’Aumale.
Incarnant pour ses contemporains l’alliance de la plume et de l’épée, on peut penser qu’il eut toujours à l’esprit l’avertissement donné par Voltaire dans la préface d’un ouvrage rédigé par un autre grand prince écrivain, et qu’il en évita l’écueil :
« Il y a tel prince qui a écrit, mais moins en prince qu’en pédant : de façon qu’on y reconnaît moins un auteur qui est prince qu’un prince qui est auteur » (Voltaire, préface de L’Anti-Machiavel par Frédéric II de Prusse, 1740).
Chronologie des écrits du duc d’Aumale
| 1843 | Notice sur l’expédition qui s’est terminée par la prise de la Smala d’Abd-el-Kader, le 16 mai 1843 |
| 1854 | Notes sur deux petites bibliothèques françaises du XVe siècle |
| | Lettre de Guillaume III |
| 1855 | Les Zouaves et les chasseurs à pied, esquisses historiques |
| 1856 | Notes et documents relatifs à Jean, roi de France, et à sa captivité en Angleterre |
| 1858 | Nouveaux documents relatifs à Jean, roi de France |
| | Alésia, étude sur la septième campagne de César en Gaule |
| 1861 | Lettre sur l’histoire de France |
| | Discours prononcé au dîner-anniversaire de la fondation du Royal Literary Fund, le 15 mai 1861 |
| | Inventaire de tous les meubles du cardinal Mazarin, dressé en 1653 et publié d’après l’original conservé dans les archives de Condé |
| 1862 | Description sommaire des objets d’art faisant partie des collections du duc d’Aumale, exposés pour la visite du Fine Arts Club le 21 mai 1862 |
| 1863 | Information contre Isabelle de Limeuil (mai-août 1564) |
| | Négociations relatives à un projet de mariage entre le roi Charles IX et la reine Elisabeth (non publié) |
| | Discours prononcé à la Réunion agricole d’Evesham |
| 1863 - 1896 | Histoire des princes de Condé pendant les XVIe et XVIIe siècles, 7 vol. |
| 1866 | La Question algérienne : à propos de la lettre adressée par l’Empereur au maréchal de Mac-Mahon |
| 1867 | Les Institutions militaires de la France |
| 1872 | Discours sur la réorganisation de l’armée, prononcé le 28 mai 1872 à l’Assemblée nationale |
| 1873 | Discours de réception à l’Académie française le 3 avril 1873 |
| 1880 | Notice sur le comte de Cardillac : lue à l’Académie des Beaux-arts le 17 juillet 1880 |
| 1881 | Discours prononcé à l’Académie française pour la réception de M. Rousse, le 7 avril 1881 |
| | Notice sur le manuscrit des Euvres de Vatel |
| 1886 | Lettre de Mgr le duc d’Aumale, à M. le président de la République française |
| 1888 | Notice sur M. Cuvillier-Fleury |
| 1889 | Rosseeuw Saint-Hilaire : lue à l’Académie des Sciences morales et politiques le 26 octobre 1889 |
| 1897 | Louis-Philippe et le droit de grâce : lecture à l’Académie française le 18 mars 1897 |
Ecrits du duc d'Aumale
1. Notice sur l’expédition qui s’est terminée par la prise de la Smala d’Abd-El-Kader, le 16 mai 1843
Impr. par Vinchon, [1843].
Carte et croquis de la bataille sur deux feuillets dépliants.
Ce texte, première publication du duc d’Aumale, alors âgé de 21 ans, ne comporte ni nom d’auteur, ni nom d’éditeur, ni date. A première vue, il semble s’agir d’un récit collectif de l’expédition, réalisé au nom du régiment : « Nous partîmes donc le 10. Le duc d’Aumale était décidé à tout faire pour atteindre le but qui lui était proposé. Mais peu d’entre nous pensaient qu’il pût y réussir. La smahla (sic) nous semblait une sorte de mythe, un fantôme insaisissable. Cependant, nous espérions. »
Cependant, la présence dans les collections du Cabinet des Livres d’un exemplaire du texte, ici exposé, laisse penser que le duc d’Aumale en est l’auteur. Ce volume, qui comprend également les épreuves de sa Lettre sur l’histoire de France, est relié aux armes d’Orléans et porte une mention manuscrite rédigée par le prince après la mort de sa femme :
« Exemplaire par moi donné jadis à ma chère femme et que j’ai retrouvé dans son bureau, décembre 1869 ! ».
En dissimulant son identité, le duc d’Aumale a probablement voulu rendre hommage à ses compagnons d’armes en faisant sienne la maxime de son frère aîné, le duc d’Orléans, mort l’année précédente : « La gloire d’un de nous, c’est la gloire de tous ».
2. Notes sur deux petites bibliothèques françaises du XVe siècle
Notes, brouillons autographes, épreuves corrigées. 96 f.
Ce document fait état de l’intérêt et de l’étude par le duc d’Aumale de deux bibliothèques privées du XVe siècle, l’une réunie par le couple Antoine de Chource et Catherine de Coétivy, l’autre par Jean du Mas. Une partie de ces bibliothèques avait été intégrée à la collection des Montmorency et des Bourbon-Condé, dont le duc d’Aumale était l’héritier et qu’il avait fait venir en Angleterre.
3. Notes sur deux petites bibliothèques françaises du XVe siècle
Philobiblon Society, Bibliographical and historical miscellanies, volume I.
London, C. Whittingham, 1854.
« C’est au quatorzième siècle, au milieu des guerres sanglantes qui déchiraient la France, que le goût des livres commence à se manifester chez des hommes mêlés au monde » : ainsi débute le premier écrit signé par le duc d’Aumale.
Outre les exemplaires des membres de la Philobiblon Society, le texte fut tiré à part à 25 exemplaires.
Le duc d’Aumale et la Philobiblon Society
Créée en 1853, la Philobiblon Society est une association de 35 membres intéressés par the History, Collection and Peculiarities of Books. Le prince Albert, époux de la reine Victoria, en est le patron, le comte de Gosford le président, et le duc d’Aumale le premier membre, dès sa création. En 1862, à l’âge de quarante ans, il succèdera au prince Albert comme patron, à la mort de ce dernier. Après son retour en France, il reste patron de la Société, tandis qu’un second patron lui est adjoint, le duc d’Albany.
A partir de 1854, la société publie chaque année un volume de mélanges historiques, dont chaque membre reçoit deux exemplaires imprimés sur grand papier.
4. Boniface VIII, Liber sextus Decretalium
Manuscrit sur parchemin, XIVe siècle.
Ms. 219
Armes peintes d’Antoine de Chource et Catherine de Coétivy,
et monogramme AK (pour Antoine et Katherine).
Le duc d’Aumale identifie cette provenance dans 41 de ses manuscrits.
5. Jean Mansel, La Fleur des histoires
Manuscrit sur papier, XVe siècle ; enluminures.
Ms. 730
Armes peintes de Jean Du Mas, seigneur de l’Isle, qui s’était emparé d’une partie de la bibliothèque de Jacques d’Armagnac.
Le duc d’Aumale identifie cette provenance dans 12 de ses manuscrits.
Lettre de Guillaume III d’Orange.
6. Lettre de Guillaume d’Orange, Helvoetfluys, 29 octobre 1688
2 f. autographes, en français.
Série O, tome VIII.
Guillaume III, prince d’Orange (1650-1702), fils de Marie Stuart, stathouder des Pays-Bas, explique dans cette lettre les motifs de l’expédition qu’il s’apprête à mener en Angleterre. Celle-ci aboutira au renversement du roi catholique Jacques II, son beau-père, et à sa désignation comme roi sous le nom de Guillaume III d’Angleterre.
Le destinataire de cette lettre, probablement un général ou un ambassadeur espagnol, demeure inconnu. On ne connaît pas davantage la raison de son entrée dans les archives des Bourbons-Condé.
7. Lettre de Guillaume III présentée par Henri d’Orléans
Philobiblon Society, Bibliographical and historical miscellanies, volume I.
London, C. Whittingham, 1854.
Le duc d’Aumale possédant environ 80000 lettres, héritées des princes de Montmorency et de Bourbon-Condé, datant du XVe au XIXe, et formant le contenu son Cabinet des lettres, choisit de publier une lettre historique de Guillaume d'Orange, datée du 29 octobre 1688.
Retraçant un épisode fondamental de l’histoire britannique connu sous le nom de « Révolution glorieuse », la publication de cette lettre est probablement un hommage du duc d’Aumale au pays ayant abrité son exil.
8. Les Zouaves et les chasseurs à pied, esquisses historiques
Brouillon autographe du duc d’Aumale. 55 f.
En février 1855, le duc d’Aumale entreprend la rédaction d’une étude historique consacrée aux corps des Zouaves et des chasseurs à pied qui, après s’être illustrés en Algérie, jouent à nouveau, en pleine guerre de Crimée, un rôle important.
Le bataillon des Zouaves, composé d’indigènes de Kabylie, de la région d’Alger et de français, avait été créé en 1830, pour remplacer les milices turques.
Le corps des chasseurs à pied, quant à lui, créé par le duc d’Orléans, frère aîné du duc d’Aumale prendra, en 1842, le nom de « chasseurs d’Orléans » en hommage au prince décédé.
Le duc d’Aumale, y dresse une description pittoresque de la vie des soldats souhaitant ainsi rappeler à Napoléon III qu’il [dispose] de l’armée organisée par son père, le roi Louis-Philippe.
9. « V. de Mars, Les Zouaves et les chasseurs à pied, esquisses historiques », Revue des deux mondes, 15 mars 1855 (Les Zouaves), 1er avril 1855 (Les Chasseurs à pied)
Tiré à part de l’article : Paris, bureau de la Revue des Deux-Mondes, 1855.
Exemplaire avec portrait du duc d’Aumale ajouté.
Bien que cet article soit signé « V. de Mars » et que son auteur élude l’épisode fameux de la Smalah d’Abd-El-Kader, il fut rapidement établi qu’il était l’œuvre d’un militaire ayant participé aux campagnes d’Algérie. Malgré le pseudonyme utilisé, l’identité de l’auteur est rapidement démasquée dans les milieux politiques et littéraires français. L’article connaît alors un grand retentissement et impressionne non seulement par son style, sa précision, mais aussi et surtout par l’absence d’aigreur, la passion de la vie militaire et le fort sentiment patriotique.
10. Les Zouaves et les chasseurs à pied, esquisses historiques
Paris, Michel Lévy frères, 1855. 2 éditions (in-12 et in-12 réimposé).
Le texte, aussitôt publié en volume, sans nom d’auteur ni pseudonyme, fera l’objet de cinq éditions successives jusqu’en 1885.
Dévoilant sa paternité, le duc d’Aumale offrit des exemplaires reliés à son chiffre par Capé, et estampés d’une griffe « De la part de l’auteur », reproduisant son écriture.
11. Lettre d’Alexis de Tocqueville au duc d’Aumale, Paris, 23 mai 1855
« J’avais admiré l’histoire des zouaves avant d’en connaître l’auteur. Votre Altesse Royale a rajouté à ce premier sentiment celui d’une profonde reconnaissance en donnant l’ordre qu’un exemplaire de cet ouvrage me fut envoyé de sa part. On y trouve les sentiments que tous les princes devraient avoir ; exprimés avec un talent d’écrivain que peu de princes ont eu. Un livre si remarquable contient pourtant une lacune : il ne dit rien du rôle parfois si brillant et toujours si efficace que Monsieur le duc d’Aumale a joué sur ce grand théâtre de la France africaine. (…)
Plus que personne, j’aurais été tenté de traiter ce silence d’injustice, car j’ai étudié particulièrement autrefois les affaires algériennes, j’ai visité à plusieurs reprises l’Algérie elle-même et partout j’ai trouvé la trace de ce que Monsieur le duc d’Aumale avait fait pour amener notre conquête (…).
Le texte du duc d’Aumale trouve en l’auteur de La Démocratie en Amérique un lecteur particulièrement attentif. En effet, ayant séjourné en Algérie, Tocqueville avait publié en 1841 un important Travail sur l’Algérie.
12. Lettre d’un ancien Zouave au duc d’Aumale, s. d., 2 p
« Mon Général,
Je suis persuadé que vous préférez ce titre gagné par vos étendards à celui de prince gagné à la loterie de la vie.
Ancien sergent de Zouaves, je vous ai vu à l’œuvre, vous êtes un brave.
Mais, excusez, Général, vous avez mutilé mon couplet, mon unique couplet sur la casquette du père Dugemare
As-tu vu la casquette (bis)
« As-tu vu
la casquette au père Bugeaud
Quelle visière et a ce vilain magot
Elle est faite en carton le plus beau
Avec l’argent des chemins vicinaux
La casquette au père Bugeaud. »
Le voilà tel qu’il était le jour de sa naissance.
Je ne vous dis qu’une chose, Général, je voudrais servir encore sous vos ordres.
Suffit, je m’entends. Les braves gens se [sic] seront pas toujours sous les pavés.
Je vous respecte et je vous plains.
Je ne signe pas de peur d’être pincé et cassé. »
Cette lettre fait allusion au couvre-chef particulier porté par le général Bugeaud (1784-1849) au cours de ses campagnes en Algérie. Cette casquette, dont la visière se prolongeait sur l’arrière, inspira une célèbre marche des zouaves, devenue également une chanson enfantine.
Le général Bugeaud, nommé gouverneur de l’Algérie en 1840, fut remplacé à ce poste en 1844 par le duc d’Aumale.
13. Notes et documents relatifs à Jean, roi de France, et à sa captivité en Angleterre
Miscellanies of the Philobiblon Society, volume II.
London, C. Whittingham, 1856.
Ouvrage publié sans nom d’auteur.
L’acquisition récente des Très Riches Heures du duc de Berry et le parallèle entre la captivité du roi Jean II, dit Jean le Bon (1319-1364) et son exil personnel en Angleterre ont sans doute motivé l’intérêt du duc d’Aumale pour un journal de la captivité du souverain français échu aux archives des Bourbons-Condé sans que l’on sache comment. Il rédige pour ce document une introduction très érudite de 72 pages.
La Philobiblon Society limitant à 25 le nombre des tirés à part, le duc d’Aumale en fit imprimer une édition spéciale en Angleterre.
14. Lettre d’Adolphe Thiers au duc d’Aumale, [1856]
« Je remercie votre altesse royale du charmant cadeau qu’elle a bien voulu me faire parvenir, et qui va bientôt figurer dans le nombre, malheureusement très restreint, de mes raretés bibliographiques. J’ai lu avec l’intérêt le plus vif les détails instructifs et piquants sur le Roi Jean, et j’y ai trouvé un tout autre mérite que celui d’un simple éditeur. Nous serions bien heureux qu’on nous donnât souvent de pareils documents édités d’une telle façon.
Laissant l’histoire passée pour l’histoire présente, je vous dirais, Monseigneur, que malgré un désir de repos très général, et très légitime, on peut apercevoir dans les esprits un commencement de réveil, tantôt un goût de discussion assez étrange dans des corps destinés par leur auteur à se taire et à croire, tantôt une vive impatience de se défendre et d’élever la voix, chez certains intérêts sacrifiés. »
L’envoi de ses publications est pour le duc d’Aumale un moyen de conserver des liens avec les personnalités du monde politique et culturel français, dont de nombreuses lettres sont conservées dans les archives.
15. C’est le Compte de la despense de l’ostel du Roy de France, faicte en Angleterre et paiée par Denys de Collors, chapellain dudit seigneur, depuis le jour de Noël, 25e jour de décembre 1358 jusques au premier jour de juillet 1359 en suivant
Manuscrit sur papier, XIVe siècle. 54 f.
Tenu par son secrétaire Denys de Collors, ce journal relate, presque quotidiennement, les séjours et les dépenses du roi du 25 décembre 1358 au 8 juillet 1360.
Jean II le Bon, fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Poitiers en 1356, passa quatre années de captivité en Angleterre. En 1360, il fut libéré contre rançon. Ses fils Jean, duc de Berry, et Louis, duc d’Anjou, prirent sa place pour en garantir le paiement. Cependant, son fils Louis s’étant enfui, Jean le Bon se constitua prisonnier et retourna à Londres où il mourut.
16. Etat de la vaisselle d’argent du roi Jean à son retour d’Angleterre
Rouleau sur parchemin, XIVe siècle.
17. Lettre patente, approuvant les comptes rendus par Denys de Collors
Manuscrit sur parchemin, Calais, août 1360, 1 f., avec sceau royal.
18. Lettre d’Eugène de Lanneau au duc d’Aumale, Paris, 13 juin 1857
Suite à la réception de cette lettre d’Eugène de Lanneau, rédacteur du Journal des débats, le duc d’Aumale entreprit des recherches sur Alésia.
« Permettez-moi d’offrir à votre Altesse Royale, de la part de mon ami particulier Mr Jules Quicherat, un travail sur César qui ne peut manquer de vous intéresser.
Il y a dans ce moment entre le Jura et la Côte d’or et même dans l’Institut, une vraie querelle passionnée, ardente, on arrive aux injures, on se montre le poing !...
Quicherat serait bien heureux de connaître votre opinion militaire sur cette grosse question : qui sait même si vous ne trouverez pas une note de Montaigne sur votre précieux exemplaire ou sur d’autres ?
Monseigneur, nous avons besoin de vos lumières, vous nous les devez : vous appartenez à l’Ecole des Chartes, vous êtes élève de Cuvillier-Fleury, et vous n’avez rien à envier à Scipion l’Africain. »
19. Alesia, étude sur la septième campagne de César en Gaule : notes et brouillons… Notes et brouillons manuscrits du duc d’Aumale. 307 f.
La localisation de la bataille d’Alésia, épisode décisif de la guerre des Gaules en 52 avant Jésus-Christ, fit l’objet de vives controverses parmi les historiens français du XIXe siècle. Certains la situaient à Alise-Sainte-Reine en Bourgogne, d’autres à Chaux-des-Crotenoy en Franche-Comté, d’autres enfin la situaient à Alaise dans le Doubs.
C’est en connaisseur de l’art militaire que le duc d’Aumale participa à cette polémique. Il relut attentivement Jules César, dont il possèdait plusieurs éditions anciennes remarquables, armé d’une carte d’état-major : « Ce qui a fait pour moi le véritable intérêt de ce travail, c’est l’étude même de la guerre, c’est celle du cœur et de l’intelligence de l’homme. (…) Parfois, l’émotion du combat me gagnait, et mon imagination s’enflammait au spectacle des deux armées qu’elle croyait voir aux prises sur le terrain de leur lutte suprême. »
Au terme de son étude, le duc d’Aumale situa Alésia au Mont Auxois, à Alise-Sainte-Reine.
20. Alesia, étude sur la septième campagne de César en Gaule, Revue des deux Mondes… Revue des deux Mondes, 1er mai 1858
Cartes gravées sur feuillet dépliant. Edition originale
- Paris : impr. de J. Claye, 1858. Tiré à part de l’édition précédente.
- Paris, Michel Lévy frères, 1859. In-8°, 245 p. Cartes gravées sur feuillet dépliant. Deuxième édition corrigée, accompagnée d’une courte préface (1er août 1858). Tirée sur papier ordinaire et sur papier de Hollande.
Publiées sans nom d’auteur.
Bien que le nom de l’auteur ne fut jamais cité, son identité fut rapidement divulguée. Le duc d’Aumale avait livré à ses lecteurs un indice dans la préface de la deuxième édition : « Je ne pense pas qu’on puisse me reprocher de n’avoir pas vu les lieux, car il ne dépend malheureusement pas de moi de les visiter. »
Napoléon III se passionna également pour cette question. En 1860, il fit réaliser à Alise-Sainte-Reine des fouilles archéologiques qui officialisèrent la localisation d’Alesia sur ce site. Une statue de Vercingétorix y fut édifiée, sans que la polémique fut pour autant éteinte.
« Vous aviez précédé dans cette étude un redoutable érudit ; car il gouvernait un grand empire, et il avait à discrétion toutes les ressources que la science fournit si volontiers à la puissance. (…) César vous avait rapprochés un instant sur le seul terrain où vous aviez pu vous rejoindre, l’érudition désintéressée » (Cuvillier-Fleury).
Comme Napoléon III après lui, le duc d’Aumale vit en Vercingétorix la première incarnation de l’identité nationale, qu’il associait à Jeanne d’Arc : « A mes yeux, c’est en lui que se personnifie pour la première fois notre indépendance nationale. »
21. Lettre d’Alexis de Tocqueville à Henry Reeve, [1858]
Le journaliste anglais Henry Reeve (1813-1895), ami et traducteur de Tocqueville (1805-1859), adressa au prince un passage d’une lettre d’Alexis de Tocqueville qu’il venait de recevoir, faisant l’éloge de son étude sur Alésia.
« Avez-vous lu dans la Revue des Deux Mondes un article qu’on dit être du duc d’Aumale et qui traite des campagnes de César et en particulier du siège d’Alise ? Cet article a fait sensation ; et il la méritait, même en mettant à part le nom de l’auteur. On y trouve une grande érudition (…) et une connaissance pratique de la guerre qu’on chercherait en vain dans aucuns autres commentateurs. Le style est précis et vif à la fois ; on y retrouve un sentiment généreux et un souvenir de la patrie (…)
Si vous avez l’occasion de rencontrer l’auteur, veuillez lui offrir avec l’hommage de mon profond respect mes félicitations bien sincères. Je n’ai pas besoin de vous dire que j’ai vivement ressenti le grand malheur qui a frappé cette famille illustre et si éprouvée. »
22. Caius Julius Caesar, Commentarii. Anvers, Christophe Plantin, 1570
Exemplaire annoté par Montaigne.
23. Inventaire de tous les meubles du cardinal Mazarin (septembre 1653)
Manuscrit, 286 f. Ms. 1294.
Reliure française, XVIIe siècle, maroquin rouge, armes de Mazarin.
Les archives des Bourbon-Condé renferment un inventaire manuscrit des meubles du cardinal Mazarin (1602-1661), dressé en 1653, au retour d’exil de Mazarin, après la Fronde des princes.
Sa rédaction fut dirigée par Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), alors intendant du cardinal, qui en fit faire trois copies.
Le duc d’Aumale « suppose que cet exemplaire est celui que s’était réservé Colbert », dont il retrouva le signalement parmi les livres de Colbert.
Le goût du cardinal collectionneur, pour les livres et les œuvres d’art ne pouvait que retenir l’attention du duc d’Aumale. Il considérait cet inventaire comme un document majeur pour l’histoire de la « Curiosité » au XVIIe siècle.
24. Inventaire des merveilles du monde rencontrées dans le Palais du cardinal Mazarin
Paris, Rolin de La Haye, 1649. 7 p.
Dans son édition de l’inventaire des collections d’art réunies dans le palais de Mazarin, le duc d’Aumale cite cette Mazarinade présentant les richesses du cardinal « comme un trésor de misères ».
Le Cabinet des livres abrite une collection de plusieurs milliers de Mazarinades - terme qui désigne à la fois des pamphlets contre Mazarin et l’ensemble des libelles imprimés et diffusés pendant la période troublée de la Fronde (1648-1653) -, pour la plupart acquises par le duc d’Aumale lors de la vente Montmerqué en 1851.
Lettre sur l’histoire de France
25. Inventaire de tous les meubles du cardinal Mazarin, dressé en 1653, et publié d'après l'original, conservé dans les archives de Condé
Londres, Whittingham et Wilkins, 1861. 404 p.
Epreuves corrigées
Le duc d’Aumale publia cet inventaire dans un volume séparé ne faisant pas partie des Mélanges de la Philobiblon Society mais qu’il offrit aux membres de la société.
Comme le procès-verbal de la réunion annuelle du Royal Literary Fund, l’introduction de cet ouvrage en France fut interdite par l’inspection de la librairie, au motif qu’ « on ne pouvait recevoir aucun ouvrage venant de M. le duc d’Aumale ». « Si je ne consultais que mon humeur naturellement joviale, écrit le prince, je serais fort disposé à rire de l’émotion de ces braves fonctionnaires et à ne voir que le côté ridicule de la confiscation prononcée à l’encontre des Œuvres diverses de Mazarin », écrivait le duc d’Aumale à Cuvillier-Fleury.
Lettre sur l’histoire de France.
Le prince Napoléon (1822-1891), fils cadet de Jérôme Bonaparte et cousin de Napoléon III, fut sous le Second Empire une éminente personnalité politique : député, sénateur, général, ministre de l’Algérie et des colonies. Le 1er mars 1861, il prononça au Sénat un discours qui fit sensation : il s’exprima avec virulence sur les affaires italiennes, la question romaine et surtout sur les anciennes familles royales françaises, les accusant d’avoir trahi « leur drapeau, leur cause et leur prince pour se faire une fallacieuse popularité personnelle ». Le compte-rendu du discours fut publié dans Le Moniteur et placardé dans toutes les mairies de France.
Le duc d’Aumale décida de répondre à cette attaque sur les relations entre les Orléans et les Bonaparte en proposant une analyse de l’histoire et de la politique de la France.
26. Lettre sur l’histoire de France
Brouillon autographe du duc d’Aumale. 113 f.
Basée sur une longue réflexion politique antérieure, la réponse du duc d’Aumale fut écrite très rapidement.
Le brouillon autographe révèle, cependant, un texte très travaillé, beaucoup plus développé et offensif que celui de la brochure imprimée. Il présente des variantes particulièrement significatives.
Le duc d’Aumale y choisit pour titre : Lettre sur l’histoire de France adressé au prince Napoléon par un anonyme qui ne concourt pas pour le Grand Prix Gobert. Ce prix, décerné par l’Académie française, avait été créé en 1834 pour récompenser « le morceau le plus éloquent d’histoire de France, ou celui qui s’en approchera le plus ». Il aurait décidé, après consultation de son entourage, de signer de son nom.
La réponse du duc d’Aumale à cette attaque contre sa famille en son nom propre met en évidence la place particulière occupée par le prince au sein de la famille des Orléans. Son statut d’écrivain reconnu et son goût pour les orateurs de l’Antiquité y sont pour beaucoup : il conçut sa Lettre comme une pièce d’éloquence historique.
Pourtant, écrira-t-il à Cuvillier-Fleury, « je ne recherchais pas l’effet, mais une simple satisfaction d’honneur » (lettre du 18 avril 1861).
27. Lettre sur l’histoire de France
Paris : H. Dumineray, 1861. 31 p., in-8°
Epreuves corrigées.
L’impression de ce document fut réalisée dans l’urgence et le secret, sans qu’il fut possible d’utiliser la poste, contrôlée par le « cabinet noir » de l’Empereur, dont les espions étaient présents dans l’entourage des Orléans jusqu’en Angleterre. Seuls quelques proches, dans la confidence, se déplaçaient personnellement à Twickenham pour mettre au point ce projet ou pour porter les épreuves à corriger au prince. Ses dernières corrections, envoyées par télégraphe, arrivèrent trop tard.
28. Lettre du comte Joseph d’Haussonville (1809-1884) au duc d’Aumale, non signée, non datée. 3 p.
Cette lettre révèle le rôle actif joué par l’opposition orléaniste en France dans la publication de cette Lettre, et l’importance donnée par le duc d’Aumale au consentement de sa famille.
« Nous sommes d’avis qu’il est bon que cela paraisse, et qu’il serait mal séant de paraître à l’étranger sans avoir préalablement tenté la parution en France. (…) On saisira probablement avant publication, afin d’étouffer complètement la chose. Si par inadvertance, on la laisse passer, il est encore plus probable qu’on saisira chez les libraires et l’éditeur. (…) Nous pensons qu’il faut incontestablement signer. »
29. Lettre du duc de Nemours au duc d’Aumale, Claremont, 12 avril 1861
Comme en témoigne cette lettre de son frère aîné, chef de la famille d’Orléans, au duc d’Aumale, ce dernier a consulté sa famille et leur a fait valider le texte.
30. Lettre sur l’histoire de France
La lettre, datée du 15 mars 1861, paraît le 13 avril 1861.
L’édition originale, sans nom d’auteur sur la page de titre, est signée Henri d’Orléans à la fin du texte.
Elle connut un succès immédiat : « La Bourse ressemblait à un champ de colza », disait un témoin (en raison de la couverture jaune de la première édition).
« Ce qu’il sera difficile de rendre, c’est l’aspect des Boulevards où, dans les cafés et entre les mains des promeneurs, on ne voyait que brochures jaunes. Les boutiques de libraires étaient assiégées ; vous entriez et on vous présentait La Lettre sur l’histoire de France, sans même attendre votre demande. A 6 heures il n’en restait nulle part » (lettre de Casimir Perrier au duc d’Aumale, 14 avril 1861)
Elle connut 29 éditions entre 1861 et 1863, tant en France que dans toute l’Europe (en Belgique, Angleterre, en Suisse, en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas). Sa diffusion est estimée à plus de cent mille exemplaires.
Edition originale 
Editions anglaises 
Editions belges 
Editions allemandes 
Edition autrichienne 
Editions suisses 
Autre édition française 
31. Lettre sur l'histoire de France, adressée au prince Napoléon par M. le duc d’Aumale
Londres : W. Jeffs, 1861. 33 p.
Couverture beige. Sans le post-scriptum.
Edition non mise en vente.
Exemplaire avec carton concernant l’alliance anglaise, p. 28.
32. Procès de Dumineray et Beau, éditeur et imprimeur de la brochure de S.A.R. le duc d’Aumale
Bruxelles, J. Rozez, 1861.
Le premier tirage est quasiment épuisé quand la police saisit les exemplaires chez l’éditeur et l’imprimeur, qui seront tous deux jugés et condamnés.
33. Discours prononcé au dîner anniversaire de la fondation du Royal literary fund, le 15 mai 1861
Manuscrit autographe. 17 p.
Quelques jours après l’éclat de la Lettre sur l’histoire de France, le duc d’Aumale est invité à présider le dîner du Royal Literary Fund, à Londres, où il prononce plusieurs discours, tandis que Disraeli lui répond de façon très élogieuse.
Cette fonction prestigieuse marque la reconnaissance en Angleterre du duc d’Aumale en tant qu’écrivain. Il y évoque l’anglophilie transmise dans sa jeunesse par son père, et son éveil à la littérature anglaise. « J’ai grandi avec une des premières générations qui, en France, ait abandonné la vieille tradition, et commencé à étudier les littératures étrangères. » Ce discours nous éclaire sur les aspirations et les frustrations du duc d’Aumale en tant qu’écrivain ; il y dresse l’éloge de l’art oratoire, qui selon lui appartient de plein droit à la littérature - « L’éloquence anglaise m’apparaît comme le vrai modèle de l’éloquence parlementaire dans les temps modernes » - et fait l’apologie de la liberté de la presse.
34. Discours prononcé au dîner anniversaire de la fondation du Royal literary fund, le 15 mai 1861
Londres : W. Jeffs, 1861.
Texte publié du discours du duc d’Aumale, dont la parution et l’introduction en France seront interdites par le pouvoir politique, suite à l’éclat et l’interdiction de la Lettre sur l’histoire de France, un mois auparavant.
35. Discours prononcé au dîner anniversaire de la fondation du Royal literary fund, le 15 mai 1861
Londres : W. Jeffs, 1861.
Dans sa réponse, l’homme politique et écrivain Benjamin Disraeli (1804-1881) prononce l’éloge du prince français.
36. Description sommaire des objets d’art faisant partie des collections du duc d’Aumale, exposés pour la visite du Fine Arts Club, le 21 mai 1862
Impr. par Whittingham et Wilkins, [1862]. 83 p.
Reliure exécutée en 1862 par Antoine Chatelin, relieur français exerçant à Londres, et offerte par lui au duc d’Aumale.
37. Description sommaire des objets d’art faisant partie des collections du duc d’Aumale, exposés pour la visite du Fine Arts Club, le 21 mai 1862
Impr. par Whittingham et Wilkins, [1862]. 83 p.
Publié sans nom d’auteur.
Le duc d’Aumale fit imprimer cette brochure, hors diffusion commerciale, à l’occasion de la visite des membres d’un club d’amateurs d’art anglais, le Fine Arts Club, qu’il reçut dans sa maison de Twickenham en 1862, au moment de l’Exposition universelle de Londres.
« à la fois son propre bibliothécaire et le conservateur de son petit Musée » comme le souligne le Bibliophile Jacob, Paul Lacroix, le duc d’Aumale rédigea lui-même cette « liste d’objets choisis », selon son expression.
Ce choix comprend 738 notices, présentant successivement tableaux (140 n°s), miniatures (83 n°s), émaux (19 n°s), « salle de Condé » (28 n°s, parmi lesquels les tableaux de la Galerie des batailles), dessins (171 n°s), estampes (21 n°s), vitraux (5 n°s), mosaïques (2 n°s), statues, bustes, marbres (21 n°s), manuscrits sur vélin avec miniatures (33 n°s), autographes (19 n°s), imprimés (36 n°s), reliures (97 n°s), objets divers (68 n°s).
Au regard de cette liste, sa demeure de Twickenham, où le prince fit venir quasiment toutes les collections héritées des Montmorency et des Bourbon-Condé, peut-être considérée comme une préfiguration du musée qu’il réalisera au château de Chantilly dix ans plus tard, à son retour d’exil. Sa sélection en montre bien la composition à cette date. Même si, dans les décennies suivantes, il enrichira encore considérablement sa bibliothèque, le bibliophile Jacob la désigne déjà, en 1862, comme « la plus précieuse de toutes les bibliothèques formées par des amateurs en Europe ». La proportion des reliures à décor (anciennes ou contemporaines) est exceptionnelle. Seule celle des tableaux et dessins y est supérieure.
38. Description sommaire des objets d’art faisant partie des collections du duc d’Aumale, exposés pour la visite du Fine Arts Club, le 21 mai 1862
Carton d’invitation.
Histoire des princes de Condé pendant les XVIe et XVIIesiècles
Dès les premiers mois de son exil, le prince entreprit la rédaction de l’histoire des premiers princes de Condé, à partir des très riches archives dont il était l’héritier et qu’il avait fait venir en Angleterre. Ce travail de longue haleine constitue son œuvre historique majeure.
En décembre 1848, il définit son projet à son ancien précepteur et ami Cuvillier- Fleury :
« Mes manuscrits sont ici. Je voudrais commencer par explorer tout ce qui regarde le XVIIe siècle, et en particulier, le Grand Condé. (…) Mon intention serait de recueillir, de mettre en ordre et de publier les documents curieux et inédits, en y joignant des notices et des aperçus historiques de ma façon. Voilà, quelle est, en ce moment, ma grande préoccupation, et j’ai grand hâte de commencer. »
Ses recherches avançaient lentement, interrompues par ses obligations familiales, sociales et mondaines, et son ancien précepteur, Cuvillier-Fleury, l’exhorta à de multiples reprises à un travail régulier :
« Je prise infiniment la sociabilité dans un prince ; je la crois indispensable à un exilé ; il faudra pourtant que le Grand Condé ait son tour. Sa grande âme dédaigneuse pourrait se lasser, à la fin, de faire antichambre dans tous les châteaux d’Angleterre et d’Irlande, et de n’être que le pis aller de l’historien qu’elle attend » (lettre du 2 novembre 1859).
39. Lettre de Louis XIV au prince de Condé, Paris, 16 mai 1643
Chaque volume de l’Histoire des princes de Condé est divisé en deux parties : la première est consacrée au récit des événements tandis que la seconde se compose de lettres et de documents inédits provenant des divers fonds d’archives, français et étrangers, rassemblés dans le cabinet des lettres du duc d’Aumale et dont il est l’héritier.
Cette lettre de Louis XIV au prince de Condé provient, plus particulièrement, des archives de Condé. Nous sommes à la veille de la bataille de Rocroi, le roi de France est alors âgé de 5 ans.
40. Lettre d’Henri de Turenne (1611-1675) à Louis II de Bourbon, duc d’Anguien, dit le Grand Condé, 21 mai 1643
Le duc d’Aumale s’est particulièrement attaché à l’étude du Grand Condé et a longuement analysé ses victoires militaires. Ce profond intérêt tiendrait-il au fait qu’ils furent victorieux, tous deux à l’âge de 21 ans ; l’un à la Smalah d’Abd-El-Kader, l’autre à la bataille de Rocroi ? L’’historien aurait-il parfois cédé la place à l’ancien vainqueur ?
« Rien ne peut rendre la surprise, l’émotion de tous, l’effet produit sur le soldat par l’apparition soudaine du duc d’Anguien sortant de cette mêlée furieuse, les cheveux épars, les yeux pleins d’éclairs, l’épée à la main. Ce n ‘est plus le jeune homme à l’aspect un peu délicat qui passait la veille devant le front des troupes ; il est transformé ; l’action l’a grandi ; son visage irrégulier est devenu superbe ; c’est le général obéi de tous ; c’est le premier soldat de l’armée ; c’est le dieu Mars. »
Cette lettre de félicitation du Maréchal de France, Turenne, laisse entrevoir l’enthousiasme suscité par la victoire du Grand Condé à Rocroi contre les Espagnols, le 19 mai 1621. Cependant, supplanté par Condé au cours de cette bataille, sa réticence à féliciter son grand rival en matière de gloire militaire y est palpable.
« Comme vous devés attendre moins de moi que d’un autre des compliments recerchés sur le gain de la bataille que vous avés donnée, aussi devés vous estre assuré que personne du monde n’en a une plus véritable joie, voiant que j’ai raison d’estre confirmé en une extraordinaire estime de vous, non pas par le bonheur qui vous est arrivé, mais par la bonne conduite et le sang froid que vous avés eu en toute cette action ; faites moy l’honneur, Monseigneur, de me continuer celui de votre amitié. »
41. Amaury Goyon, marquis de La Moussaye, Relation des campagnes du Grand Condé en 1643 et 1644
Manuscrit avec annotations autographes du Grand Condé. 152 p. Ms. 928
« Ce qui donne à ce manuscrit une valeur particulière, c’est qu’il porte quelques corrections autographes de la main du Grand Condé. La Moussaye a donc écrit en quelque sorte sous la dictée de son général en chef ; on comprend quelle importance prennent alors les épisodes et les jugements qu’on peut y lire ; aussi toutes les fois que le lecteur rencontrera le nom de La Moussaye à côté d’une citation, il pourra croire qu’il entend l’opinion duc d’Anguien lui-même » (duc d’Aumale, tome IV, p. 466).
42. Histoire des princes de Condé pendant les XVIe et XVIIe siècles
Paris, Lévy, 1863-1896. 8 vol., 1 vol. d’atlas.
Reliure française, XIXe siècle, signée par Trautz-Bauzonnet, maroquin citron, décor argenté mosaïqué de maroquin rouge, armes des Condé sur les plats, doublures de maroquin rouge, décor de dentelle argentée, monogramme du duc d’Aumale, tranches argentées.
Le duc d’Aumale travailla à cette entreprise pendant près de cinquante ans. Au cours de cette période, il en publia des extraits dans des revues ou dans des volumes séparés : La Première Campagne de Condé (1883) ; Cinq lettres de Turenne au duc d'Enghien (1884) ; La Journée de Rocroy (1890) ; La Lutte entre Turenne et Condé (1890) ; Les Négociations et la paix (1893).
La conclusion du chapitre consacré au retour du Grand Condé en France fait écho à la situation personnelle du duc d’Aumale, quarante cinq ans auparavant : « Il a souffert, traversé de cruelles épreuves ; sa ruine financière paraît complète ; mais il n’est pas abattu et porte la tête haute ; les leçons du malheur ne sont pas perdues pour lui ; c’est un homme nouveau qui va rentrer en France. »
43. Plaidoiries, 1863-1867
Les deux premiers volumes sont tirés à 4000 exemplaires, lorsque, en janvier 1863, le préfet de police les fait saisir chez le brocheur et en interdit la publication.
L’ouvrage ne fait pourtant allusion à aucun événement contemporain. Cette interdiction s’appuie sur une circulaire, promulguée le 13 mai 1861, à la suite du retentissement de la Lettre sur l’histoire de France, interdisant à toute personne exilée de publier en France.
Le duc d’Aumale et son éditeur intentent alors une action en justice dont ils sortiront vainqueur au terme de six années de procédure. Le livre ne peut être mis en vente qu’en 1869. Le premier volume portant la date de 1863, contient un avertissement daté de 1869.
44. La Question algérienne : à propos de la lettre adressée par l'Empereur au maréchal de Mac-Mahon Paris : Michel Lévy frères, 1866
Ce texte est publié, dans un premier temps, dans le Courrier du Dimanche, sous la signature d’H. Pessard en 1866, avant d’être réédité en brochure, sans nom d’auteur.
Au retour de son second voyage en Algérie, en 1865, Napoléon III publie sa Lettre sur la politique de la France en Algérie adressée par l’Empereur au maréchal de Mac-Mahon, duc de Magenta, gouverneur général de l’Algérie, dans laquelle il développe sa vision de la politique française en Algérie.
Le texte est accueilli très froidement tant en France qu’en Algérie.
Le duc d’Aumale se mêle au débat et adopte un point de vue ouvertement critique, accusant le souverain de prendre le rôle de l'opposition et de dénoncer les erreurs de son gouvernement.
Les Institutions militaires de la France
La victoire de la Prusse sur l’Autriche en 1866 incite le duc d’Aumale à mener une réflexion sur les institutions militaires françaises et leur efficacité, puisque, écrit-il, « la Prusse doit ce grand succès aux institutions militaires qu’elle a su maintenir, coordonner, développer la paix ».
Il étudie l’organisation de l’armée sous l’impulsion de Louvois sous Louis XIV, de Carnot pendant la Révolution, de Gouvion-Saint-Cyr sous la Restauration etc..
Au terme de cette étude, Aumale, qui se considère comme un « soldat avant tout », suggère une réorganisation profonde de l’armée de son époque.
Ce texte publié également de manière anonyme reste peu de temps sans auteur. L’empreinte du duc d’Aumale y est à nouveau décelée. Son analyse retient l’attention de ses contemporains, en particulier celle de Napoléon III. Rétrospectivement, elle sera perçue comme un avertissement du désastre de 1870.
Le texte paraît dans la Revue des deux mondes, en mars 1867, sous la signature d’A. Laugel, avant d’être publié, la même année, en volume (Bruxelles, C. Muquardt, Paris, Michel Lévy).
45. Les Institutions militaires de la France
Brouillon autographe.
46. Les Institutions militaires de la France
Prospectus de l’éditeur belge C. Muquardt.
47. Les Institutions militaires de la France
Bruxelles ; C. Muquardt, 1867. 160 p. Tiré à 115 exemplaires.
48. Discours prononcé par M. le duc d'Aumale sur la réorganisation de l'armée, le 28 mai 1872, à l'Assemblée nationale
Paris, A. Sauton, 1872. In-12
Après la chute du Second Empire, avant même son retour sur le sol français, le duc d’Aumale est élu, en février 1871, député de l’Oise à l’Assemblée nationale, à une très large majorité.
En février 1872, le duc d’Aumale, général de division depuis 28 ans, est réintégré dans l’état-major de l’armée. Bien qu’il n’ait pas commandé de troupes depuis 24 ans, son attachement et son intérêt pour l’armée restent prépondérants. Il avait su cependant attendre et ne pas demander sa réintégration lors de l’offensive contre la Commune : « Puisque je n’ai pas eu le bonheur de commander une armée française contre les Prussiens, je ne vais pas recommencer ma carrière en commandant une armée contre les Parisiens ».
49. Discours prononcé par M. le duc d'Aumale sur la réorganisation de l'armée, le 28 mai 1872, à l'Assemblée nationale
Paris, A. Sauton, 1872. In-4°
Dans ce discours, prononcé à l’Assemblée nationale lors d’un débat autour d’une loi sur le recrutement, le duc d’Aumale poursuit sa réflexion sur la réforme de l’armée française et rend public son attachement au drapeau tricolore.
50. Discours prononcé par M. le duc d’Aumale à l'Académie française, le jour de sa réception, 3 avril 1873
Manuscrit copié par Berthier, offert au duc d’Aumale le 7 avril 1874.
Ms. 444
Dès 1871, le duc d’Aumale est pressenti pour se présenter à l’Académie française. Quatre sièges sont alors vacants et on lui offre de choisir à qui il souhaite succéder : Charles de Montalembert (1810-1870), Abel-François Villemain (1790-1870), Lucien-Anatole Prévost-Paradol (1829-1870), Prosper Mérimée (1803-1870). Aumale choisit Montalembert car, dit-il, « prononcer son éloge serait une belle tâche ».
Le 30 décembre 1871, le duc d’Aumale est élu par 28 voix sur 29 votants et un bulletin blanc.
Sa réception n’a lieu que quinze mois plus tard, le 3 avril 1873. A l’éloge de Montalembert, Aumale joint l’expression de sa reconnaissance : « Vous m’avez recueilli au moment où je mettais le pied sur le sol de ma patrie ; vous avez admis le proscrit d’hier dans cette compagnie qui porte le nom de la France. »
Et c’est Cuvillier-Fleury, son ancien précepteur et son ami, qui le reçoit et lui répond.
51. Médaille d’argent frappée par l’Institut de France pour la réception du duc d'Aumale à l’Académie française, 1871
Le duc d’Aumale et la société des Bibliophiles françois
La Société des Bibliophiles françois, la plus ancienne des sociétés françaises de bibliophiles, avait été créée en 1820 « pour entretenir et propager le goût des livres, pour publier ou reproduire des ouvrages inédits ou rares… »
Le duc d’Aumale voulut rendre manifeste l’injustice de l’exil qui lui était imposé en renonçant à devenir membre de la Société tant qu’il n’était pas autorisé à résider sur le sol national. A son retour en France, il accepta, en janvier 1872, de devenir membre de la Société et, en juin de la même année, il fut nommé président d’honneur. Le baron Jérôme Pichon était président de la société depuis 1833 et le demeurera jusqu’en 1892.
Lors du second exil qui lui fut imposé en 1886, la Société marquera la place éminente que le prince occupait désormais en son sein. Pour manifester leur indignation et leur soutien, les Bibliophiles françois s’exileront eux-mêmes temporairement et se réuniront, non à Paris, mais à Bruxelles, afin que le duc d’Aumale puisse être présent.
52. Jetons de la société des Bibliophiles françois
● Jeton d’or à l’effigie de Jacques-Auguste de Thou, grand bibliophile du temps de Henri IV, et avec le dessin d’une bibliothèque imaginaire, 1861.
● Jeton d’or à l’effigie de Jacques-Auguste de Thou, frappé pour la réception du duc d’Aumale le 24 janvier 1872.
Au XIXe siècle, un jeton similaire était frappé pour chaque nouveau membre.
● Jeton d’or à l’effigie de Jacques-Auguste de Thou, frappé pour la séance tenue chez le duc d’Aumale à Bruxelles le 19 mars 1888, lors du second exil du prince.
Seul le duc d’Aumale reçut un jeton en or, les autres membres de la société reçurent un jeton en argent.
● Jeton d’argent frappé pour une réunion tenue chez le duc d’Aumale, au château de Chantilly, le 22 mai 1878.
53. Notice sur le manuscrit des Euvres poétiques de Vatel
Brouillon autographe
Avec la collection Cigongne acquise en 1859, le duc d’Aumale devient détenteur d’un très beau manuscrit des œuvres du poète Vatel. Il en accepte la reproduction en fac-similé pour les membres de la Société des Bibliophiles françois en 1881.
« Le soleil est un grand magicien aussi puissant que docile ; il a si bien fait qu’il y a aujourd’hui quarante exemplaires des « Euvres poétiques » si parfaitement semblables que Vatel ne saurait reconnaître celui qu’il a offert au secrétaire de Charles IX. » (duc d’Aumale).
54. Notice sur le manuscrit des Euvres poétiques de Vatel
Chantilly, 1881
In-folio, 21 p., frontispice gravé en fac-similé, en couleurs, rubriqué.
Le duc d’Aumale rédige une notice bibliographique et historique, éditée à la fois en tête du livre et dans un volume à part, reproduisant en fac-similé son écriture.
55. La Suite des euvres poétiques de Vatel
Manuscrit original, calligraphié et orné, 1574. Papier, 87 f.
Reliure de la fin du XVIe siècle, maroquin olive, décor à la fanfare, armes de Nicolas de Villeroy peintes dans le médaillon central.
Ms. 532
Le calligraphe de ce manuscrit d’une grande élégance a été identifié en 2001 par François Avril comme étant Guillaume Le Gangneur (1553-vers 1624).
Son illustration très soignée, composée de la page de titre, d’un grand dessin en double page, de deux illustrations pleine page et de cinq culs de lampe, n’est plus aujourd’hui attribuée à Etienne Delaune, sans que le nom de l’artiste ait pu être découvert.
56. La Suite des Euvres poétiques de Vatel reproduite en fac-similé d’après le manuscrit original par les soins de la Société des bibliophiles françois
Paris, Société des Bibliophiles françois, 1881.
Fac-similé tiré à quarante exemplaires pour les quarante membres de la société.
Exemplaire du duc d’Aumale.
La qualité technique du fac-similé est exceptionnelle : la notice du duc d’Aumale est « autographiée » en photogravure, les planches reproduites en héliogravure, le fac-similé de la reliure, en noir et blanc, est obtenu par un procédé héliographique, tandis que les ors et couleurs sont apposés manuellement.
57. Notice sur le Cte de Cardaillac : lue dans la séance du 17 juillet 1880
Paris, impr. de Firmin-Didot, 1880.
Le duc d’Aumale est élu à l’Académie des Beaux-arts comme membre libre le 1er février 1880, succédant au fauteuil III au comte Jacques de Cardillac (1818-1879) et fait l’éloge de cet ancien Directeur des Bâtiments civils.
« Prouver que le goût des restaurations intelligentes n’a pas éteint le génie créateur et que, de nos jours, si l’on s’applique plus que par le passé à entretenir et à conserver, il y a encore des esprits qui savent concevoir et des bras qui peuvent exécuter » : ses propos peuvent se comprendre comme le manifeste de son projet en cours de reconstruction du château de Chantilly.
58. Discours prononcés dans la séance publique tenue par l'Académie française, pour la réception de M. Rousse, le 7 avril 1881
L’avocat Edmond Rousse (1817-1906) est élu à l’Académie française en 1880 et reçu par le duc d’Aumale le 7 avril 1881. Comme souvent, les propos du duc d’Aumale peuvent s’appliquer à lui-même : « La prétendue distinction entre le courage civique et la valeur guerrière est de date récente et ne sert le plus souvent qu’à masquer les transactions entre la conscience et le devoir. »
59. Rosseeuw Saint-Hilaire par M. le duc d’Aumale, membre de l’Institut
Paris, Alphonse Picard, 1889.
Epreuves avec corrections autographes.
Le duc d’Aumale est élu à l’Académie des Sciences morales et politiques le 30 mars 1889, quelques jours après l’abrogation du décret qui l’avait à nouveau exilé. L’Académie voulait l’élire alors qu’il était proscrit et avait fait pression sur le gouvernement pour obtenir son retour. Le prince est désormais membre de trois des cinq académies qui composent l’Institut de France, auquel il a fait don en 1884 du domaine de Chantilly.
Il succède à l’historien Eugène Rosseeuw Saint-Hilaire (1805-1889), dans la section d’histoire, aux côtés de l’historien Victor Duruy (1811-1894), qui avait été, cinquante ans auparavant, son professeur d’histoire.
Trois mois après sa réception, il accueillera à Chantilly ses nouveaux collègues de l’Académie des Sciences morales et politiques.
Lettre de Mgr le duc d’Aumale, à M. le président de la République française
60. Décret de radiation des contrôles de l'armée, 11 juillet 1886
61. Lettre de Mgr le duc d'Aumale, à M. le Président de la République française (pour protester contre sa radiation des contrôles de l'armée, 11 juillet 1886)
Manuscrit autographe, 11 juillet 1886
En 1886, après le vote d’une loi expulsant de France les prétendants au trône et autorisant les expulsions des autres membres des anciennes familles régnantes, le gouvernement décide, sur proposition du général Boulanger, de radier le duc d’Aumale des cadres de l’armée.
Le duc d’Aumale, âgé de 64 ans, répond à cette mesure par cette lettre de refus adressée au Président de la République, Jules Grévy, aussitôt publiée par plusieurs journaux et sous forme de placard.
Il sait que sa riposte altière rend son expulsion inévitable, et prend à nouveau le chemin de l’exil.
Son second exil durera du 15 juillet 1886 au 9 mars 1889.
« Soldat avant tout », son attachement à l’armée domine également son œuvre d’écrivain.
62. Louis-Philippe et le droit de grâce, lecture faite par M. le duc d'Aumale dans la séance du 18 mars 1897
Manuscrit autographe.
A la veille de sa mort, le duc d’Aumale laisse s’exprimer, peut-être pour la première fois, la souffrance provoquée par le destin de sa famille et surtout celui de son pays : « Mes yeux ont vu la hache portée dans cet admirable édifice construit par mes aïeux ! Et je survis à cette amère, à cette inconsolable douleur ! (…) Ma plume se refuse à continuer. »
Il supprimera du texte final, à l’exception de la dernière phrase, ce passage d’une grande émotion.
63. Louis-Philippe et le droit de grâce, lecture faite par M. le duc d'Aumale dans la séance du 18 mars 1897
Copie du manuscrit pour l’imprimeur par Gustave Macon, secrétaire du prince. Avertissement et dernier feuillet.
Prononcé à l’Académie française moins de deux mois avant sa mort, survenue en Sicile le 7 mai 1897, ce discours sur l’exercice du droit de grâce par Louis-Philippe constitue les prémices d’un travail de plus d’ampleur, que le duc d’Aumale voulait consacrer au règne de Louis-Philippe.
Près d’un demi-siècle après sa monumentale Histoire des princes de Condé, le duc d’Aumale recherche les archives laissées par son père, dispersées chez ses descendants, et débute son œuvre de réhabilitation en traitant de la clémence de Louis-Philippe, qui commua 1609 sentences de mort, et sa haine du sang versé.
64. Louis-Philippe et le droit de grâce, lecture faite par M. le duc d'Aumale dans la séance du 18 mars 1897
Premières épreuves, avec corrections autographes.
Le texte fut imprimé et distribué avant lecture.
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