Livres imprimés rares du Cabinet du duc d’Aumale (XVe – XIXe siècle)
Exposition présentée dans le Cabinet des livres en 2000 Notices par Emmanuelle Toulet
Sommaire
LE DUC D’AUMALE HERITIER ET COLLECTIONNEUR
1. Psalterium Davidicum, Paris, Gomar Estienne, 1555
Un des deux exemplaires connus de cette édition. Exemplaire de dédicace au connétable Anne de Montmorency.
Reliure à décor d'arabesques dorées, fers azurés et alérions, aux initiales "A M " – qui sont celles du connétable ou, plus probablement, celles du connétable et de son épouse Marguerite de Savoie -. La reliure est attribuée au libraire-éditeur de l'ouvrage, Gomar Estienne, relieur du Roi à partir de 1547.
La bibliothèque des Montmorency est transmise aux Condé au XVIIe siècle. Quatorze manuscrits du Connétable parviennent par héritage au duc d'Aumale qui leur ajoute trois livres imprimés, dont celui-ci, acquis à la vente Toovey, à Paris en 1882.
VIII-C-003-BIS
2. Antoine de COURNAND, Les Styles : poème en quatre chants, Paris, 1781
Exemplaire de dédicace.
Reliure aux armes de Louis-Joseph, prince de Condé (1736-1818).
Livre de la bibliothèque des princes de Condé, confisquée en 1793 et dont les livres imprimés, dispersés, ne seront pas restitués en 1814. Il est racheté par le duc d'Aumale.
Page 72, se trouve une évocation en vers du domaine de Chantilly, dont le dédicataire poursuivit les embellissements :
- Dans le moment se découvre à ma vue,
- De CHANTILLY la riante étendue,
- Noble séjour, vallon chéri des dieux,
- Où la Nonnette, à l’oubli condamnée,
- Pourroit un jour s’élever jusqu’aux cieux,
- Si les François chantoient ses bords heureux,
- Comme les Grecs ont chanté le Pénée.
VII-B-026
3. Collection Standish : liste des livres acquis par le duc d’Aumale et transférés en Angleterre en 1851
Manuscrit, cahier de 12 pages.
Frank Hall Standish, riche collectionneur anglais, avait légué au roi Louis-Philippe ses collections, dont une importante bibliothèque de 3504 volumes. La partie la plus précieuse était constituée d'environ 250 incunables que Standish avait acquis d'un collectionneur milanais, le comte Gaetano Melzi.
La bibliothèque Standish, faisant partie du domaine privé et de la succession de Louis-Philippe, est mise en vente aux enchères en 1851. Elle est acquise en bloc par le duc d'Aumale qui fait aussitôt transporter à Londres les livres les plus précieux.
4. La très élégante... histoire du roy Perceforest
Paris, par Nicolas pour Galliot Du Pré, 1528
Première édition de ce roman composé au XIVe siècle.
Exemplaire imprimé sur vélin, le seul recensé, illustré de cinq grandes peintures, avec bordures et initiales également peintes.
Le volume appartient au duc de Penthièvre, puis parvient à Louis-Philippe par héritage de sa mère Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, fille du duc. Il est acquis par le duc d'Aumale en 1852 pour 11 000 F à la vente des livres de son père. Une des premières acquisitions isolées importantes du prince : "Quel que soit le régime financier auquel je serai soumis, je désire acquérir le Perceforest sur vélin. Ce serait ma dernière folie". Le duc d'Aumale réunira 164 ouvrages imprimés sur vélin antérieurs à 1800.
La bibliothèque conserve également un autre exemplaire de cette édition, imprimé sur papier.
XII-H-019 à XII-H-024
5. Bibliothèque d’Armand Cigongne : acte de vente au duc d’Aumale, Paris, 9 juillet 1859
Une notice préliminaire remise au duc d'Aumale indique que l'ensemble des 2910 livres proposés forment à cette date "la plus belle et la plus rare bibliothèque de Paris".
La collection est particulièrement riche en textes rares de la littérature française et en reliures remarquables anciennes et contemporaines. La cession est faite pour un montant de 375 000 F.
6. Pernette DU GUILLET, Rymes de gentile et vertueuse dame..., Lyon, Jean de Tournes, 1545
Edition originale. Exemplaire non rogné.
Acquis à la vente Lignerolles en 1894.
Le duc d'Aumale complète ses collections jusqu'à la fin de sa vie. A cette vente, trois ans avant sa mort, il achète 28 volumes pour un montant de 25 000 F environ, dont cette précieuse édition de Pernette Du Guillet, adjugée pour 7 000 F. Au XIXe siècle, elle était réputée connue à deux exemplaires.
III-B-007
PREMIERS ATELIERS TYPOGRAPHIQUES EN EUROPE
7. Lettre d’indulgence [pour l’expédition contre les Turcs et la défense de Chypre], [Mayence, Johannes Gutenberg, 1455]
Impression sur vélin.
Cette lettre d'indulgence à 31 lignes est une des plus anciennes productions de l'atelier de Gutenberg. Demeurée inemployée, elle fut découverte dans les plats d'une reliure.
Acquise par le duc d'Aumale en 1876 auprès d'un libraire berlinois (2000 F).
Un des deux exemplaires conservés en France.
XX-(1)-D-012-(1)
8. Historia Davidis, [Allemagne, 2e moitié du XVe s.]
Livre xylographique, c'est-à-dire imprimé uniquement à l'aide de planches de bois gravées.
Acquis en 1857 à la librairie Boone (Londres).
Un des cinq exemplaires connus, le seul conservé en France.
La bibliothèque conserve trois autres livres xylographiques.
VIII-G-051
9. VIRGILE, [Opera], Rome, K. Sweynheym et A. Pannartz, [1469]
" Editio princeps rarissima inter raras " (duc d'Aumale) due aux premiers imprimeurs actifs à Rome (1467-1475).
Exemplaire à toutes marges et enluminé.
Acquis avec la collection Standish (1851), c'est le livre que Standish avait acheté le plus cher à Melzi (4000 £)
Un des deux exemplaires complets conservés en France.
La bibliothèque conserve 29 impressions de cet atelier romain.
IV-H-005
10. JUVENAL, Satyrae, PERSE, Satyrae, Paris, Michel Friburger, Ulrich Gering, Martin Krantz, [1472]
Impression du premier atelier typographique français.
Acquis à Londres, vente de 1868.
Un des deux exemplaires conservés en France.
Une des plus rares éditions de cet atelier dont la bibliothèque conserve cinq autres productions.
IV-H-010
11. Heures à l’usage de Rome, Venise, Alde Manuce, 5 décembre 1497.
Premier livre d'heures imprimé en grec.
Acquis à la vente Riva en 1857.
Un des trois exemplaires conservés en France.
La bibliothèque conserve 259 éditions aldines avant 1550, dont 76 publiées par Alde Manuce seul.
VI-F-028
INCUNABLES FRANÇAIS ILLUSTRÉS
12. Ponthus et la belle Sidoine, Lyon, Guillaume Le Roy, vers 1480
Première édition illustrée de ce roman composé à la fin du XIVe siècle.
Acquis en 1892 (librairie Morgand, Paris, 3 150 F).
Un des deux exemplaires conservés, le seul complet.
Guillaume Le Roy, qui s'attachait particulièrement à la diffusion de textes en français, a publié le plus ancien livre illustré daté imprimé en France. La bibliothèque conserve dix éditions par ce libraire.
IV-G-027
13. HENRY DE FERRIÈRES, Livre du roy Modus et de la royne Racio,
Chambéry, Anthoine Neyret, 1486
Première édition d'un des premiers ouvrages sur la chasse, attribué à Henry de Ferrières.
Illustration de 57 gravures sur bois représentant des scènes de chasse.
Impression d'un atelier actif à Chambéry en 1484-1485 qui produisit six éditions, toutes en français.
Acquis à la vente du baron J. Pichon en 1869 (10 000 F).
Un des dix exemplaires connus.
La bibliothèque conserve trois éditions de cet atelier.
IV-G-023
14. Paraboles Maistre Alain, Paris, Antoine Vérard, 20 mars 1492 [1493]
Première édition latine et française du Doctrinale altum seu Liber parabolum d'Alain de Lille (Alanus de Insulis), avec des illustrations.
Exemplaire de présentation au roi Charles VIII, imprimé sur vélin et abondamment enluminé.
Une grande peinture montre le libraire Antoine Vérard offrant à genoux son livre au souverain. 130 figures peintes occupent l'emplacement des gravures qui ne furent pas imprimées. Des sommaires manuscrits sont ajoutés dans les marges.
Antoine Vérard est le plus important libraire-éditeur français du XVe s. et du début du XVIe s.
La bibliothèque conserve 44 de ses éditions, dont 11 exemplaires sur vélin, 4 enluminés et 2 présentés au Roi. Elle possède également un second exemplaire de cet ouvrage imprimé sur papier, également exposé. On remarquera la divergence des illustrations.
XII-H-009 et IV-G-011
EDITIONS ORIGINALES ET MANUSCRITS LITTÉRAIRES
15. Christophe COLOMB, Epistola de insulis de novo repertis,
Rome, Stephan Planck, après le 29 avril 1493
Première édition de la traduction latine du récit par Colomb de sa découverte de terres nouvelles.
Elle est publiée à Rome un mois environ après le retour du navigateur à Lisbonne le 4 mars 1493.
Acquis à Londres, vente de mai 1854.
Un des trois exemplaires conservés en France.
XI-H-021
16. Ambroise PARÉ, La manière de traicter les playes faictes tant par harquebuses que par flèches,
Paris, veuve Jean de Brie, 1551
Deuxième édition, partiellement originale et illustrée, du premier ouvrage publié par Ambroise Paré, un des textes scientifiques majeurs du XVIe s.
Un des trois exemplaires imprimés sur vélin, celui-ci avec les figures rehaussées de couleurs.
XIV-C-007
17. MOLIÈRE, Recueil des quatre premières pièces de Molière en éditions originales, Paris, 1660-1662
Ce recueil contient notamment l'édition originale des Précieuses ridicules (Paris, Guillaume de Luyne, 1660).
Reliure en veau brun au chiffre "J C" de Julie d'Angennes et Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier, habitués de l'hôtel de la marquise de Rambouillet. C'est pour Julie d'Angennes que fut composée La Guirlande de Julie.
Seul exemplaire en reliure de l'époque recensé dans les collections publiques françaises. C'est aussi une des rares reliures modestes que le duc d'Aumale a conservées en son état originel.
VII-C-001
18. MOLIÈRE, Les Œuvres... revues, corrigées et augmentées, enrichies de figures en taille-douce,
Paris, 1682
Première édition collective complète des œuvres de Molière, comprenant six pièces en éditions originales, dont Don Juan.
Reliures de l'époque de l'édition aux armes de Charlotte-Elisabeth de Bavière, dite la Princesse Palatine (1652-1722), seconde épouse de Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, et mère du Régent.
Le duc d'Aumale acquit le tome VII de cette édition. La bibliothèque acquiert en 1935 les tomes I à IV. Restent à retrouver les tomes V, VI, VIII.
Un des trois exemplaires recensés aux armes.
La bibliothèque conserve un autre exemplaire complet de cette édition de 1682 en reliure d'époque en maroquin rouge, ainsi qu'un exemplaire de l'édition collective de 1673 de même présentation (sept volumes, reliures en maroquin rouge), tous exposés.
XXIII-BIS-B-004 à XXIII-BIS-B-008
VII-B-018 à VII-B-025
VII-C-002 à VII-C-008
19. Gédéon TALLEMANT DES RÉAUX, Historiettes
Manuscrit autographe avec ratures, corrections et ajouts, composé entre 1657 et 1692
Un des plus anciens manuscrits littéraires de travail conservé.
Acquis en 1862 à la librairie Téchener, Paris.
Les Historiettes ne seront publiées partiellement qu'en 1834-1835, d'après cet unique manuscrit, dans un texte expurgé des passages trop crus. Il sera édité de manière plus satisfaisante, sans coupures, seulement en 1960 (Bibliothèque de La Pléiade).
Ms. 926
EDITIONS A PARTICULARITÉS SINGULIÈRES
20. Jean CHAPELAIN, La Pucelle ou La France délivrée, Paris, 1656
Edition originale.
Illustration par le peintre Claude Vignon, gravée par Abraham Bosse. C'est un des premiers livres français illustrés par un peintre.
Exemplaire de Louis XIV, avec envoi par l'auteur sous forme d'un sonnet manuscrit autographe signé C.
Reliure de maroquin rouge à décor de semé de L couronnés.
I-A-007
21. Comte Robert de MONTESQUIOU-FÉZENSAC, Les Chauves-souris : clairs obscurs, sans lieu, sans nom, [1892]
Edition originale privée du premier texte publié par Montesquiou.
Un des 100 exemplaires hors-commerce numérotés
(ex. n° 19) pour l'auteur, sur papier vergé du Marais à filigrane de chauves-souris.
Envoi au duc d'Aumale, avec lettre d'accompagnement datée du 7 juin 1892.
Couverture de soie brochée à motifs de chauves-souris, non signalée dans les bibliographies.
XXIII-B-006
22. Antoine HOUDART DE LA MOTTE, Fables nouvelles, Paris, 1719. In-4°
Edition originale illustrée d'eaux-fortes par Claude Gillot (1673-1722). Cet ouvrage fut célébré comme "le premier livre illustré du XVIIIe siècle". Furent joints entre 1808 et 1820 :
- - 105 dessins originaux à la sanguine par Claude Gillot, dont 3 ne furent pas gravés
- les contre-épreuves de 102 de ces dessins
- 115 gravures originales également par Gillot, d'après ces dessins, en premier état d'eau-forte et avant la lettre.
Ces pièces supplémentaires sont créées par le maître de Watteau en vue d'une nouvelle édition illustrée des Fables de La Motte de format in-12, jamais publiée. Les contre-épreuves des dessins sont des répliques obtenues par l'impression d'une feuille de papier sur ces dessins préalablement humectés. Ces répliques sont inversées par rapport aux originaux et étaient destinées à guider le travail de gravure, nécessairement inversé par rapport à l'esquisse initiale.
Acquis à la vente du comte George de Macartney à Londres en 1854.
XI-I-036
23. Alfred de VIGNY, Poèmes, Paris, Pélicier, 1822
Edition originale du premier ouvrage publié par Alfred de Vigny.
Exemplaire annoté de l'auteur.
Nombreuses corrections et suppressions autographes pour les trois chants du poème Hélèna (p. 7-66) en vue d'une nouvelle édition. Mais, finalement, ce poème sera supprimé dans l'édition suivante en 1829 et ne sera republié qu'en 1907.
P. 45, une note : "Trop clair pour mère". La mère du poète fut une lectrice attentive de ce premier recueil et fit de nombreuses observations.
V-G-037
LE DUC D’AUMALE ET LES RELIEURS DE SON TEMPS : le choix du prince en 1862
En 1862, le duc d'Aumale accueille à Twickenham les membres du Fine Arts Club et organise à leur intention une exposition des œuvres d'art qu'il a déjà réunies, peintures, sculptures, etc., "choisies pour représenter les diverses branches d'une collection". Il y présente 180 livres précieux. Une section est réservée aux reliures contemporaines, ici reconstituée. Elle témoigne des goûts du duc d'Aumale, formés dès ses débuts de collectionneur.
En 1850, il déclarait : "Je sais que les livres rares sont chers ; je sais que les jolies reliures le sont aussi ; mais j'aime les uns et les autres, et surtout les deux choses réunies, et j'y veux mettre le prix qu'il faut". Cette exposition de 1862 veut aussi manifester son attachement aux productions de la nation dont il était éloigné et sa volonté de faire connaître aux amateurs britanniques l'œuvre des grands relieurs parisiens de son siècle, et particulièrement ceux qu'il reconnaissait en 1861 comme "les trois grands relieurs vivants, Trautz, Capé, Duru".
24. Reliure de François BOZERIAN dit le jeune, 1814
Vélin. Décor peint par Moreau le jeune. Signature : Bozerian jeune.
Sur : Jacques Delille, L'Homme des champs, Paris, P. Didot l'aîné, 1805.
Décor peint au lavis à l'imitation des reliures de William Edward et de son fils James, relieurs à Halifax et Londres. Cette reliure a été faite par Bozerian jeune pour A. A. Renouard, puis acquise par A. Cigongne.
Le duc d'Aumale n'a pu passer de commandes à Bozerian jeune qui a cessé son activité vers 1820.
4-CL-030
25. Reliure de Joseph THOUVENIN, vers 1830
Maroquin brun. Décor de compartiments à la fanfare en bandes verticales et fers filigranés.
Sur : Marguerite d’Angoulême, L'Heptaméron, Paris, 1559. (Première édition complète).
Thouvenin est le premier relieur qui a fait, à la fin des années 1820, des décors dérivés de certaines ornementations des reliures anciennes, comme celui-ci. Ce style historiciste aura toujours la faveur du duc d'Aumale, en reliure comme en architecture.
Le duc d'Aumale n'a pu passer des commandes à Joseph Thouvenin, mort en 1834.
Volume acquis avec la bibliothèque Cigongne (1859).
III-G-041
26. Reliure d’Antoine BAUZONNET, vers 1835
Maroquin olive à grain long. Décor à la Du Seuil. Signature : Bauzonnet.
Sur : Bruscambille, Les Fantaisies, Paris, Jean Millot,1615.
Le duc d'Aumale ne put s'adresser à Bauzonnet qui cessa son activité en 1851.
Après Thouvenin, ce relieur contribue fortement, par son talent et son élégance, à imposer les décors historicistes appréciés du prince. En 1856, après cinq années d'expérience bibliophilique , ce dernier écrivait : "De tous ces relieurs actuels, Bauzonnet était le seul dont la manière sentît un peu l'artiste".
Volume acquis avec la bibliothèque Cigongne (1859).
III-C-076
27. Reliure de Georges TRAUTZ, entre 1851 et 1862
Maroquin bleu. Décor de centre et coins à fers filigranés. Signature : Trautz- Bauzonnet.
Sur : Boccace, Il Decameron, Amsterdam, Elzevier, 1665.
Trautz travaille d'abord dans l'atelier de Bauzonnet auquel il sera associé en 1840 et succédera en 1851, signant dès lors ses reliures "Trautz-Bauzonnet".
Aumale admirait le talent de Trautz et fut, avec James de Rothschild, un de ses deux plus importants clients. Il lui confie plusieurs centaines de volumes, les plus précieux de sa collection, pour qu'ils soient revêtus d'impeccables reliures sans décor ou, plus rarement, à décors historicistes comme celui-ci.
XI-C-075
28. Reliure de Georges TRAUTZ, 1855
Maroquin rouge. Décor à compartiments mosaïqués de maroquin citron et vert et à fers de feuillage. Signature : Trautz-Bauzonnet.
Sur : Guillaume Coquillart, Oeuvres, Paris, Galliot Du Pré,1532.
Doreur extrêmement habile, Trautz est l'artisan le plus réputé de son temps. Pour un petit nombre de grands amateurs, il exécute seulement 23 "mosaïques" entre 1838 et 1878, toujours sur des livres anciens précieux. Substituée à une simple reliure en veau brun, elle est exécutée en 1855 pour Armand Cigongne.
IV-D-035
29. Reliure d’Hippolyte DURU et René CHAMBOLLE, 1862
Maroquin brun. Décor de fers losangés estampés à froid. Doublure de maroquin vert à grande composition orientale mosaïquée de maroquin rouge. Signature : Duru et Chambolle 1862.
Sur : François Ximenes, Le Livre des Saints Anges, Genève, 1478. (Première édition, premier livre imprimé à Genève).
Volume acquis en 1861 dans une vente parisienne et confié immédiatement à l'atelier de Duru.
Chambolle rejoint cet atelier en 1861, en prendra la succession en 1863 et signera alors sa production "Chambolle-Duru".
Le décor de la doublure est une interprétation particulièrement libre de certains décors "à l'orientale" de reliures de la Renaissance.
III-G-036
30. Reliure d’Hippolyte DURU et Marius MICHEL, 1854
Maroquin rouge. Décor à la fanfare et fers filigranés. Signature : Duru relieur, 1854. Marius Michel doreur.
Sur : Ysaie le triste, Paris, pour Galliot du Pré, [1522]. (Première édition)
Duru, en activité de 1843 à 1863, pouvait avoir recours pour la dorure à Marius Michel (le père) qui avait créé son atelier en 1848. Cette reliure, exécutée pour Giraud en 1854, remplace une reliure en veau brun aux armes du comte de Toulouse.
"Ce Duru est un habile homme et j'ai de magnifiques reliures qui sortent de ses mains" (duc d'Aumale, 1856).
IV-G-050
31. Reliure de Charles CAPÉ, 1860
Maroquin brun. Décor d'entrelacs courbes mosaïqués de maroquin noir et blanc. Signature: Capé.
Sur : Boccace, Theseida, Ferrare, Augustinus Carnerius, 1474. (Édition princeps.)
Volume acquis en 1859 à une vente parisienne. Capé a doré sur les plats et les doublures deux décors caractéristiques de la Renaissance.
A la réception de cette reliure à Londres, le duc d’Aumale écrit à son correspondant parisien : "La Théséide est, je crois, la plus belle reliure que j'aie vue parmi les livres anciens ou modernes. Bien payée d'ailleurs... Vous avez raison d'appeler Capé un véritable artiste".
IV-H-043
32. Reliure de Charles CAPÉ, entre 1855 et 1862
Maroquin brun. Décor d'entrelacs géométriques mosaïqués de maroquin noir, rouge et bleu avec armes et chiffre du duc d'Aumale. Signature : Capé.
Sur : Horace, Opera, Paris, Firmin-Didot, 1855.
Un des exemplaires de luxe avec les illustrations de photographies, collées sur les pages.
La seule des reliures choisies pour cette exposition par le duc d'Aumale qui soit sur une édition contemporaine. Il s'agit d'un des premiers livres illustrés par la photographie. Malgré ce caractère novateur de l'ouvrage, le décor adopté pour la reliure est de type historiciste.
XXXIV-C-030
33. Reliure par BEDFORD, vers 1860
Maroquin brun. Décor d'encadrements multiples et fers estampés à froid. Signature : Bound by F. Bedford.
Sur : Viaggi fatti da Vinetia alla Tana, in Persia..., Venise, fils d'Alde, 1545.
Seule reliure anglaise présentée par le duc d'Aumale dans l'exposition de 1862. La facture du décor et la disposition ornementale se réfèrent aux reliures du XVe siècle.
Francis Bedford est le relieur londonien le plus réputé au milieu du XIXe s. Le duc d'Aumale appréciait le travail de "l'habile et modeste Bedford".
La reliure antérieure était en vélin blanc.
XXXV-E-011
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